La médecine ne peut pas tout guérir
Aucun système de santé, aussi performant soit-il, ne peut empêcher tous les décès. Une femme peut mourir d'une hémorragie obstétricale malgré une césarienne réalisée dans les règles de l'art. Un nouveau-né peut succomber à une complication imprévisible.
Un patient victime d'un infarctus massif, d'un AVC grave, d'un traumatisme majeur ou d'un choc septique peut décéder malgré une mobilisation exemplaire des équipes médicales.
La mort ne signifie pas systématiquement l'échec de la médecine. Elle rappelle parfois simplement les limites de la condition humaine.
Un patient victime d'un infarctus massif, d'un AVC grave, d'un traumatisme majeur ou d'un choc septique peut décéder malgré une mobilisation exemplaire des équipes médicales.
La mort ne signifie pas systématiquement l'échec de la médecine. Elle rappelle parfois simplement les limites de la condition humaine.
L'annonce d'un décès est un soin
Pendant longtemps, annoncer un décès était considéré comme un simple devoir d'information. Aujourd'hui, les grandes institutions médicales internationales considèrent qu'il s'agit d'un véritable acte de soin.
Le protocole SPIKES, enseigné dans de nombreuses facultés de médecine, insiste sur la nécessité de préparer cette annonce, de choisir un lieu adapté, d'utiliser un langage compréhensible, d'accueillir les émotions sans jugement et de laisser à la famille le temps nécessaire pour comprendre ce qui vient de se produire.
Cette approche humanise la médecine et réduit considérablement les incompréhensions.
Le protocole SPIKES, enseigné dans de nombreuses facultés de médecine, insiste sur la nécessité de préparer cette annonce, de choisir un lieu adapté, d'utiliser un langage compréhensible, d'accueillir les émotions sans jugement et de laisser à la famille le temps nécessaire pour comprendre ce qui vient de se produire.
Cette approche humanise la médecine et réduit considérablement les incompréhensions.
Quand la douleur devient violence
La perte d'un proche peut faire naître une colère immense. Mais lorsque cette colère se transforme en agression contre les équipes soignantes, un deuxième drame commence.
Chaque année, des médecins, des infirmiers et des aides-soignants sont insultés, frappés ou menacés après l'annonce d'un décès.
En Chine, plusieurs médecins ont perdu la vie dans des agressions commises par des proches de patients, conduisant les autorités à renforcer la sécurité des établissements hospitaliers.
En Inde, la multiplication des violences a entraîné l'adoption de législations spécifiques protégeant les professionnels de santé et le déploiement de protocoles de gestion des situations à haut risque.
L'Organisation mondiale de la Santé estime que les violences contre les professionnels de santé représentent aujourd'hui l'un des défis majeurs auxquels sont confrontés les systèmes de santé.
Chaque année, des médecins, des infirmiers et des aides-soignants sont insultés, frappés ou menacés après l'annonce d'un décès.
En Chine, plusieurs médecins ont perdu la vie dans des agressions commises par des proches de patients, conduisant les autorités à renforcer la sécurité des établissements hospitaliers.
En Inde, la multiplication des violences a entraîné l'adoption de législations spécifiques protégeant les professionnels de santé et le déploiement de protocoles de gestion des situations à haut risque.
L'Organisation mondiale de la Santé estime que les violences contre les professionnels de santé représentent aujourd'hui l'un des défis majeurs auxquels sont confrontés les systèmes de santé.
Le Maroc doit anticiper plutôt que subir
Le Maroc a lui aussi connu plusieurs épisodes d'agressions contre des médecins et des infirmiers après le décès d'un patient, notamment dans certains services d'urgences et de maternité.
Même si ces situations demeurent minoritaires, chacune d'elles fragilise la relation de confiance entre les citoyens et leur système de santé.
L'hôpital ne peut devenir un lieu où les soignants exercent dans la peur. La violence ne ramène jamais un être disparu.
Elle ajoute une victime supplémentaire, l’agresseur. Il est temps d'adopter un protocole national Le ministère de la Santé et de la Protection sociale, les Centres hospitaliers universitaires, les Groupements sanitaires territoriaux et les établissements privés gagneraient à élaborer un protocole national d'annonce des décès.
Ce protocole devrait définir les conditions dans lesquelles cette annonce est réalisée, les responsabilités de chaque intervenant et les mesures destinées à protéger les familles comme les équipes soignantes.
La présence d'un psychologue, d'un (e) assistant (e) social (e).ou d'un médiateur hospitalier devrait être encouragée chaque fois que la situation le justifie.
Les professionnels de santé devraient également être formés à la communication en situation de crise, à la gestion des émotions et à la désescalade des conflits.
Enfin, lorsqu'un risque de violence est identifié, un dispositif de sécurité discret mais efficace devrait être prévu afin de prévenir tout passage à l'acte.
Même si ces situations demeurent minoritaires, chacune d'elles fragilise la relation de confiance entre les citoyens et leur système de santé.
L'hôpital ne peut devenir un lieu où les soignants exercent dans la peur. La violence ne ramène jamais un être disparu.
Elle ajoute une victime supplémentaire, l’agresseur. Il est temps d'adopter un protocole national Le ministère de la Santé et de la Protection sociale, les Centres hospitaliers universitaires, les Groupements sanitaires territoriaux et les établissements privés gagneraient à élaborer un protocole national d'annonce des décès.
Ce protocole devrait définir les conditions dans lesquelles cette annonce est réalisée, les responsabilités de chaque intervenant et les mesures destinées à protéger les familles comme les équipes soignantes.
La présence d'un psychologue, d'un (e) assistant (e) social (e).ou d'un médiateur hospitalier devrait être encouragée chaque fois que la situation le justifie.
Les professionnels de santé devraient également être formés à la communication en situation de crise, à la gestion des émotions et à la désescalade des conflits.
Enfin, lorsqu'un risque de violence est identifié, un dispositif de sécurité discret mais efficace devrait être prévu afin de prévenir tout passage à l'acte.
Humaniser pour réconcilier
L'hôpital est un lieu de science, mais il est aussi un lieu d'humanité.
Une famille n'oubliera jamais la manière dont le décès de son proche lui a été annoncé. Un médecin, lui non plus, n'oubliera jamais une agression subie alors qu'il venait de perdre un patient qu'il s'était efforcé de sauver.
Humaniser l'annonce d'un décès, protéger les soignants, accompagner les familles et instaurer une véritable culture de la communication hospitalière constituent désormais des priorités.
Car la qualité d'un système de santé ne se mesure pas uniquement au nombre de vies sauvées. Elle se mesure également à la dignité avec laquelle il accompagne celles qu'il n'a malheureusement pas pu sauver.
Un débat national doit s’ouvrir sur la création, par le ministère de la Santé et de la Protection sociale, d'un « Protocole marocain d'annonce des mauvaises nouvelles et des décès en milieu hospitalier », inspiré des meilleures pratiques internationales mais adapté aux réalités culturelles, sociales et religieuses du Maroc.
Une telle initiative constituerait une avancée majeure pour les patients, leurs familles et les professionnels de santé.
Une famille n'oubliera jamais la manière dont le décès de son proche lui a été annoncé. Un médecin, lui non plus, n'oubliera jamais une agression subie alors qu'il venait de perdre un patient qu'il s'était efforcé de sauver.
Humaniser l'annonce d'un décès, protéger les soignants, accompagner les familles et instaurer une véritable culture de la communication hospitalière constituent désormais des priorités.
Car la qualité d'un système de santé ne se mesure pas uniquement au nombre de vies sauvées. Elle se mesure également à la dignité avec laquelle il accompagne celles qu'il n'a malheureusement pas pu sauver.
Un débat national doit s’ouvrir sur la création, par le ministère de la Santé et de la Protection sociale, d'un « Protocole marocain d'annonce des mauvaises nouvelles et des décès en milieu hospitalier », inspiré des meilleures pratiques internationales mais adapté aux réalités culturelles, sociales et religieuses du Maroc.
Une telle initiative constituerait une avancée majeure pour les patients, leurs familles et les professionnels de santé.












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